Roger Caillois

Prix Européen de l’Essai Charles Veillon 1978, pour
Le Fleuve Alphée, Paris, Gallimard, 1978

 

Roger CailloisNé en 1913, Roger Caillois, ancien élève de l'École Normale Supérieure, agrégé de grammaire, fonda l'Institut français de Buenos Aires et devint éditeur-directeur de la revue Lettres françaises de 1941 à 1945, puis rédacteur en chef de la revue La France libre de 1945 à 1947, tout en appartenant au comité de direction des revues littéraires Confluences et La Licorne (1945 – 1948). Il fut chargé de missions culturelles en Amérique du Sud par le Comité de Libération de Londres, puis par le Gouvernement provisoire de la République française (1941 – 1946).

Membre du jury du Grand Prix national des Lettres, du Prix des critiques et du Comité de lecture de la Comédie Française, Roger Caillois est actuellement rédacteur en chef de Diogène, revue internationale de philosophie et de sciences humaines, éditée en français, anglais et espagnol. Il fait partie de l'Académie française.

De ses très nombreuses publications, la plupart traduites en plusieurs langues, nous nous bornerons à rappeler L'Homme et le sacré (Gallimard, 1939), Le roman policier (Buenos Aires, 1941), Les impostures de la poésie (Gallimard, 1944), Vocabulaire esthétique (Fontaine, 1947), Instincts et société (Gonthier, 1951), Esthétique de Saint-John Perse (Gallimard, 1954), L'incertitude qui vient des rêves (Gallimard, 1956), Art poétique (Gallimard, 1958), Méduse et Cie (Gallimard,1960), Esthétique généralisée (Gallimard, 1962), Cases d'un échiquier (Gallimard 1970), Approches de l'imaginaire (Gallimard, 1974).

Fasciné par le monde des minéraux, Roger Caillois a consacré aux pierres plusieurs ouvrages: Pierres (Gallimard, 1966), L'écriture des pierres (Skira, 1970), Pierres réfléchies (Gallimard ,1975).

L'univers de Caillois, c'est le monde tout entier, en sa démesure. Poésie fantastique, jeu, insectes, rêves, sociétés primitives. En 1956, cet écrivain, dont on a pu dire qu'il était un "rationaliste du mystère", écrivait dans l'ensemble de son œuvre:

« J'ai cédé à un souci personnel, constant, presque exclusif, invincible ... Je veux parler d'un attrait ininterrompu pour les forces d'instinct et de vertige, du goût d'en définir la nature, d'en démontrer autant que possible la sorcellerie, d'en apprécier exactement les pouvoirs ; de la décision enfin de maintenir sur eux, contre eux, la primauté de l'intelligence, de la volonté, parce que de ces facultés surgit pour l'homme une chance de liberté de création... ».

Dans Le Fleuve Alphée, Roger Caillois récapitule sa vie et ses passions intellectuelles. Il nous propose, en même temps qu'une admirable méditation autobiographique, une critique générale de la culture contemporaine.

Publié par la Fondation Veillon le 01 mars 1978