Principes de la Fondation Charles Veillon

Texte des fondateurs, rédigé à Lausanne en novembre 1972

« Créer des lieux de dialogues où se confrontent les opinions et les expériences afin de promouvoir une communauté humaine vivable, basée sur l’écoute d’autrui.

Ces lieux de dialogues sont divers : conférences, échanges de correspondance, prix, collaboration avec d’autres organismes. Le dialogue sera toujours servi par des publications ad hoc. Elles doivent se situer au niveaux des spécialistes, pour que le travail fait soit utilisable et transmissible, et au niveau de la vulgarisation, afin que les choses dites en petits groupes deviennent un message largement diffusé.

Ces intentions sont soumises à deux principes : l’interdisciplinarité et l’ouverture à l’expérience. L’ouverture à l’expérience fait allusion à la philosophie de Ferdinand Gonseth, qui fut membre du Conseil de la Fondation. Cette philosophie demande à la pensée d’accepter une continuelle remise en question (sur le modèle de la science). Ainsi prend-on dès le départ le contre-pied des dogmatismes qui bloquent si souvent le dialogue entre les hommes. Dans le même ordre d’idée, l’interdisciplinarité doit mettre les activités de la Fondation dans une position de lutte contre le cloisonnement entre les matières ou les spécialisations, car ce dernier est aussi un obstacle à l’entente entre les personnes.

Enfin deux constations orientent nos activités.

La Fondation est européenne. Non pas qu’elle veuille exclure toute participation non européenne, bien au contraire, mais en ce qu’elle prend la défense des facteurs inaliénables de la culture occidentale et des exigences que le christianisme y a déposées. La Fondation est suisse.
C’est pourquoi elle cherche à promouvoir le fédéralisme en tant que principe de vie en commun, même si l’application du fédéralisme en Suisse n’est de loin pas parfaite.

Dans le choix des thèmes et des personnes bénéficiant de notre aide, nous nous souvenons de ce mot de Camus : "Il n’y a de dialogue possible qu’entre des gens qui restent ce qu’ils sont et qui parlent vrai."

Nous sommes convaincus que, dans ces conditions, une confrontation large des hommes et des disciplines est utile. Mais les lieux où cette confrontation est possible sont rares. Nous tentons de les multiplier. »

Monsieur Edmond Bertholet
Monsieur François Bondy
Professeur Fernand Cardis
Monsieur Denis de Rougemont
Professeur Ferdinand Gonseth
Professeur Alain Schaerlig
Professeur Jean Vallat
Monsieur André Veillon
Monsieur Jean-Claude Veillon
Monsieur Pascal Veillon